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Navigation et charter en Turquie

Un pavillon étranger autorise à naviguer en Turquie, jamais à y louer. Nous traitons le statut douanier de l’unité — transit log, admission temporaire, hivernage sous douane — et les conditions réelles d’une exploitation en charter.

Mis à jour le

Un bateau sous pavillon français navigue en Turquie sans autorisation particulière. Ce qui se règle mal n’est pas la navigation : c’est le régime douanier sous lequel la coque séjourne, et le décompte qui commence le jour de son entrée.

Le scénario revient chaque hiver. L’unité entre à Marmaris au printemps, hiverne à Göcek plutôt que de rentrer à Toulon, puis reste une deuxième année parce qu’un refit s’est ajouté. Au moment de repartir, la capitainerie constate que le document d’entrée n’a pas été prolongé et que la durée de séjour est dépassée. Le bateau ne sort plus, et la régularisation se paie.

Nous intervenons en droit turc et en droit maritime international : statut douanier de l’unité, autorisations d’exploitation, obligations de l’équipage. La fiscalité personnelle du propriétaire — résidence, imposition des revenus de location, obligations déclaratives en France — relève du droit français et est orientée vers un correspondant inscrit à un barreau français.

Quand nous consulter

  • Vous laissez le bateau en Turquie plutôt que de le ramener. L’hivernage modifie le statut douanier de l’unité et suppose des formalités dont le port ne se charge pas.
  • Une saison s’est prolongée et vous ne savez plus où en est votre durée de séjour. La date qui compte est celle enregistrée à l’entrée, et elle se vérifie sur pièces.
  • On vous propose de rentabiliser l’unité en la louant quelques semaines par an. C’est le sujet le plus mal compris de ce marché : un pavillon étranger ne confère aucun droit d’exploitation commerciale.
  • Le bateau entre en chantier et les travaux chevauchent votre durée d’admission. Le temps passé chez un chantier ne suspend pas de lui-même le décompte : voir notre guide sur le refit en Turquie.

Notre périmètre

Entrée et sortie de territoire

L’entrée se fait par un port ouvert au trafic international. Marmaris et Bodrum concentrent les arrivées venant du Dodécanèse ; les formalités y sont routinières. Nous préparons le dossier d’entrée, indiquons quand un agent maritime est nécessaire et vérifions la cohérence entre certificat de pavillon, titre de propriété, liste des personnes à bord et attestation d’assurance. La sortie constate la fin du séjour douanier : une pièce manquante l’empêche.

Le transit log

Transit log

Document délivré à l’entrée par les autorités portuaires turques, qui recense le navire, son capitaine et les personnes à bord, et matérialise l’autorisation de séjourner et de naviguer dans les eaux turques.

Il conditionne le reste : circulation entre ports turcs, maintien du régime douanier, entrée en chantier, sortie du territoire. Sa validité est limitée dans le temps et se prolonge sur demande, avant l’échéance. Il nomme le capitaine, et tout changement de responsable à bord doit y être porté. Périmé, il ne se prolonge pas rétroactivement : il se régularise, avec pénalité.

Admission temporaire et durée de séjour

Admission temporaire

Régime douanier prévu par le code des douanes turc — loi n° 4458 du 27 octobre 1999 — qui permet à un bien étranger de séjourner en Turquie sans acquitter les droits et taxes à l’importation, à charge d’en repartir en l’état dans un délai déterminé.

C’est le régime sous lequel séjourne un yacht de plaisance battant pavillon étranger. La durée autorisée se compte en années, non en mois, ce qui explique que peu de propriétaires s’en préoccupent avant l’approche du terme. Cette durée et ses conditions de prolongation ont évolué plusieurs fois : nous les vérifions au vu de la date d’entrée enregistrée, et non d’après une règle entendue au ponton.

Le dépassement n’est pas une irrégularité formelle. Il expose l’unité aux droits et taxes à l’importation, comme si elle avait été mise à la consommation en Turquie, y ajoute une sanction et bloque la sortie jusqu’à règlement. L’ordre de grandeur d’une telle taxation, côté européen, figure dans notre guide sur la TVA à l’importation dans l’Union.

Hivernage sous douane

Hiverner en Turquie est courant et parfaitement licite. Göcek concentre les unités qui restent, pour l’abri et la proximité des chantiers. Sous surveillance douanière, à terre ou à flot, l’hivernage permet de laisser le bateau sans équipage, d’y faire réaliser des travaux et, selon le régime retenu, de neutraliser certaines périodes du décompte. Il ne permet ni de louer, ni de naviguer, ni de changer l’usage déclaré. Le contrat de place de port n’est pas un titre douanier : les deux se traitent séparément.

Exploitation en charter

Louer son unité en Turquie ne relève pas de la liberté contractuelle mais d’une autorisation administrative. La réserve de cabotage, posée par la loi n° 815 du 19 avril 1926, limite le transport commercial entre points du littoral turc aux navires sous pavillon turc. Le yachting commercial est en outre encadré par la loi n° 2634 du 12 mars 1982 sur l’encouragement du tourisme, qui subordonne l’exploitation à une licence de l’exploitant et à l’enregistrement de l’unité comme yacht commercial.

Un pavillon étranger, même accompagné d’une bonne assurance et d’un skipper professionnel, n’ouvre aucun droit de louer en Turquie. Une facturation depuis l’étranger n’y change rien, et la sanction porte sur le navire.

Nous établissons ce que le projet exige : structure exploitante de droit turc, changement de pavillon, ou renoncement. Le passage sous pavillon turc engage durablement — voir pavillon et immatriculation — et le retour vers un pavillon européen suppose de reprendre le chemin de la francisation.

Équipage, qualifications et assurance

Un yacht exploité commercialement embarque un équipage dont les brevets sont reconnus par l’administration turque ; l’effectif minimal dépend de la jauge et de la zone de navigation. En usage privé, les exigences sont moindres, mais le titre du chef de bord doit correspondre à ce que porte le transit log. La responsabilité civile, elle, doit couvrir la zone : une police rédigée pour la Méditerranée occidentale ne s’étend pas nécessairement aux eaux turques, et une exploitation commerciale exige une garantie passagers distincte. Nous lisons la police avant l’arrivée, pas après le sinistre.

Comment nous procédons

  1. Relevé de la situation documentaire. Certificat de pavillon, titre de propriété, transit log en cours, contrat de place de port, police d’assurance, brevets du chef de bord. Nous vous disons ce qui manque.
  2. Note de cadrage écrite. Statut douanier réel, durée de séjour restante, formalités à engager et à quelle date, faisabilité d’un projet de location. Le tout en français, avant que la moindre démarche soit engagée.
  3. Démarches et interlocuteurs. Capitainerie, douane, agent maritime, port d’hivernage ou chantier. Prolongations demandées avant échéance, déclarations de changement, dossier de licence si le projet le justifie.
  4. Échéances suivies. Dates limites de prolongation, de sortie et de renouvellement, consignées par écrit. Une échéance connue trois mois à l’avance ne coûte rien ; découverte au guichet, elle immobilise le bateau.

Les erreurs qui coûtent une saison

Confondre le contrat de port et le titre douanier. Une place payée à l’année ne prolonge aucune durée de séjour. Ce sont deux administrations distinctes, et aucune ne prévient l’autre.

Laisser l’unité sortir sous la responsabilité d’un tiers. Un ami qui convoie le bateau sans figurer sur le transit log crée un écart relevé au contrôle de sortie.

Croire qu’une location « entre particuliers » échappe à la licence. La qualification tient à l’embarquement de passagers payants dans un port turc, non à la forme du contrat ni au lieu de facturation.

Ce que cela coûte

Les prestations qui se délimitent à l’avance sont facturées au forfait : audit du statut douanier, dossier d’entrée ou de sortie, demande de prolongation, étude de faisabilité d’un projet de location. Le montant vous est indiqué par écrit avant l’ouverture du dossier. Les échanges avec un port, un chantier ou un assureur et les déplacements en capitainerie sont facturés au temps passé.

Redevances portuaires, droits administratifs turcs, honoraires d’agent maritime et traductions assermentées sont avancés puis refacturés à l’euro près, sur justificatif.

Vous ne payez rien pour cette première réponse. Précisez le pavillon de l’unité, sa date d’entrée en Turquie et ce que vous comptez en faire cette saison : vous saurez quelle échéance approche et ce qu’il faut déposer avant.

Guides détaillés sur ce sujet

Les guides ci-dessous traitent point par point les questions les plus fréquentes sur ce périmètre.

TVA et droits de douane à l’importation

La Turquie est hors du territoire fiscal de l’Union : l’entrée du bateau est une importation. Ce qui se joue vraiment n’est pas le taux, mais l’assiette — la valeur en douane — et la qualité des justificatifs qui la fondent.

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Questions fréquentes

Combien de temps un bateau sous pavillon français peut-il rester en Turquie ?

Le régime d’admission temporaire autorise un séjour long, qui se compte en années et non en mois, sous réserve de prolongations demandées avant échéance. La durée exacte dépend du texte en vigueur et de la date d’entrée portée sur le transit log. Nous la vérifions sur pièces plutôt que de vous transmettre une règle générale, car elle a été modifiée plusieurs fois.

Puis-je louer mon yacht en Turquie avec mon pavillon français ?

Non. Le cabotage réserve le transport commercial entre points du littoral turc aux navires sous pavillon turc, et l’exploitation d’un yacht en location suppose une licence délivrée à l’exploitant ainsi que l’enregistrement de l’unité comme yacht commercial. Facturer la location depuis l’étranger ne change rien dès lors que les passagers embarquent dans un port turc.

Que se passe-t-il si mon transit log a expiré ?

Il se régularise, avec une pénalité, et la sortie du territoire reste bloquée jusque-là. Un transit log expiré ne se prolonge pas rétroactivement : la demande doit précéder l’échéance. Si le dépassement porte aussi sur la durée d’admission temporaire, l’administration peut réclamer les droits et taxes à l’importation comme si l’unité avait été mise à la consommation en Turquie.

L’hivernage sous douane suspend-il la durée de séjour ?

Pas automatiquement. Placer l’unité sous surveillance douanière à Göcek ou ailleurs permet de la laisser sans équipage et d’y faire réaliser des travaux, mais la neutralisation d’une période de séjour dépend du régime précisément retenu et de la déclaration faite à l’entrée en hivernage. Le contrat de place de port, lui, ne produit aucun effet douanier.

Traitez-vous l’imposition en France des revenus de location ?

Non. Nous intervenons en droit turc et en droit maritime international : statut douanier de l’unité, autorisations d’exploitation, équipage, contrats conclus en Turquie. L’imposition de vos revenus, votre résidence fiscale et vos obligations déclaratives en France relèvent du droit français et sont orientées vers un correspondant inscrit à un barreau français, auquel nous transmettons les éléments turcs du dossier.

Périmètre

Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas

Loxodra intervient en droit turc et en droit maritime international : contrats, formalités, négociation, coordination sur place, suivi des chantiers et des administrations turques. C’est là que se situe notre valeur, parce que c’est là que nous sommes établis.

Dès qu’une question relève du droit français — francisation contestée, contentieux devant une juridiction française, saisie conservatoire dans un port français, fiscalité personnelle — votre dossier est orienté vers un correspondant inscrit au barreau de la ville concernée. Nous préparons le dossier, nous transmettons les pièces, nous restons votre interlocuteur sur la partie turque.

Nous ne disposons d’aucun bureau en France et nous ne délivrons pas de consultation en droit français.

Parler de votre dossier

Exposez les faits, les dates et les documents dont vous disposez. Nous répondons sous un jour ouvré et vous indiquons d’emblée si votre dossier relève du droit turc, du droit maritime international, ou s’il doit être orienté vers un correspondant inscrit à un barreau français.

Quarante caractères minimum. Précisez les dates, le pavillon et le chantier ou le port concerné.

Les champs marqués d’un astérisque sont obligatoires.