Service
Achat et vente de yacht en Turquie
Vérifier ce que vous achetez, sécuriser l’acompte et obtenir les pièces qui permettront ensuite de franciser. La transaction est la partie facile ; ce sont les documents qui bloquent.
Mis à jour le
L’achat d’un navire en Turquie par un acheteur établi dans l’Union européenne n’est pas une transaction difficile. C’est une transaction qui déclenche une chaîne administrative longue, dont chaque anneau dépend du précédent. Un vendeur qui ne fournit pas le certificat de radiation au bon format bloque la francisation. Un contrat qui ne mentionne pas la date de première mise sur le marché rend l’évaluation de conformité plus coûteuse. Une facture mal libellée transforme un dossier de douane simple en litige.
La valeur de notre intervention ne se situe donc pas dans la négociation du prix, que votre courtier fait mieux que nous, mais dans la constitution du dossier qui rendra les deux mois suivants praticables.
Quand nous consulter
Les situations qui suivent sont celles qui reviennent le plus souvent, et elles se traitent d’autant mieux qu’elles arrivent tôt.
- Vous avez identifié une unité et le vendeur réclame un acompte. C’est le moment le plus risqué de toute l’opération, et le plus mal encadré en pratique.
- Le vendeur est une société turque et vous ne savez pas qui la représente. Le pouvoir de signer se vérifie au registre du commerce, pas sur une carte de visite.
- Le navire est en zone franche. Le régime douanier applicable à la sortie et l’identité de l’exportateur formel changent selon la structure retenue. Cela se décide avant la signature, pas après.
- Le navire a été construit en Turquie et n’a jamais navigué sous pavillon européen. Le sujet n’est plus la vente, mais la conformité : voir notre guide sur l’évaluation après construction.
- Vous vendez une unité sous pavillon français à un acheteur turc. La radiation française et la remise des pièces suivent un ordre précis, et la garantie du solde se règle avant, non après.
Notre périmètre
Nous intervenons sur la partie turque de l’opération et sur la préparation du dossier destiné à l’administration française.
Vérifications préalables
Interrogation du registre maritime turc compétent pour établir la propriété réelle et l’absence d’hypothèque, de saisie ou de privilège inscrit. Contrôle de l’existence et des pouvoirs du vendeur au registre du commerce. Vérification qu’aucune créance de chantier ne pèse sur l’unité — un chantier impayé disposant d’un droit de rétention est un problème qui survit à la vente.
Rédaction et négociation contractuelle
Protocole d’accord, puis contrat de vente sur la base d’un formulaire reconnu du marché, adapté au droit turc. Points sur lesquels nous ne cédons pas : conditions de restitution de l’acompte, sort du navire entre la signature et la livraison, liste nominative des pièces à remettre, et conséquences chiffrées d’un défaut de remise.
Séquestre et flux financiers
Mise en place d’un compte séquestre et rédaction des instructions de libération. L’acompte est libéré contre remise de pièces identifiées, pas contre une promesse.
Livraison et pièces
Procès-verbal de livraison, facture conforme à ce qu’exigera la douane française, certificat de radiation du pavillon turc, attestation de non-gage, documentation technique et, s’il existe, dossier du constructeur avec module de conformité.
Préparation du dossier français
Nous constituons et ordonnons le dossier — traductions assermentées comprises — que vous ou votre correspondant déposerez pour la francisation. Nous ne le déposons pas nous-mêmes et nous ne délivrons pas de consultation en droit français : voir les obligations de TVA et de douane pour ce que le guichet attendra.
Comment nous procédons
- Lecture des pièces disponibles. Annonce, spécifications, photographies du certificat de pavillon et de la carte de propriété, échanges déjà tenus avec le vendeur. Nous vous disons ce qui manque et pourquoi cela compte.
- Note de cadrage écrite. Structure de l’opération, régime douanier applicable, risques identifiés, calendrier réaliste, budget des frais administratifs. En français, avant tout engagement.
- Vérifications et contrat. Registres consultés, protocole d’accord signé, séquestre ouvert. L’expertise technique est menée par un expert que vous mandatez ; nous en tirons les conséquences contractuelles.
- Livraison et remise du dossier. Présence au port à la livraison, vérification pièce par pièce, dossier complet remis sous bordereau.
Les pièges propres à ce marché
La facture de complaisance. Il vous sera peut-être proposé une facture minorée. Outre le risque pénal, cela vous expose à un redressement sur la valeur réelle et complique tout recours ultérieur contre le vendeur, dont la garantie ne portera que sur le montant déclaré.
Le certificat de radiation promis « plus tard ». Un vendeur ne peut obtenir la radiation qu’après la vente. Ce n’est donc pas une pièce que vous pouvez exiger avant de payer — mais c’est une pièce dont l’absence doit être garantie financièrement. Une retenue sur le prix, libérée contre remise du certificat, règle le sujet.
La longueur déclarée. Le franchissement du seuil de douze mètres modifie le traitement douanier. Une longueur déclarée « environ 11,9 m » mérite une mesure contradictoire avant signature.
Le navire encore sous contrat de chantier. Si des travaux sont en cours ou récents, vérifiez leur paiement intégral. Le droit de rétention du chantier est la première cause d’immobilisation après vente que nous voyons.
Le courtier qui représente les deux parties. C’est fréquent et ce n’est pas illégitime, à condition que ce soit écrit et que vous sachiez qui rémunère qui. Demandez-le d’emblée. Un intermédiaire dont la commission dépend de la seule signature n’a aucun intérêt à ce que les vérifications retardent la vente, et c’est précisément ce qu’elles font.
Ce que cela coûte
Nous travaillons sur forfait pour la partie contractuelle, une fois le dossier cadré, et au temps passé pour la négociation et les déplacements. Le forfait est annoncé par écrit avant d’être engagé. Les frais administratifs turcs, les traductions assermentées et les honoraires de notaire sont refacturés au coût réel, sur justificatif.
Aucun honoraire n’est engagé au stade de la première réponse. Décrivez l’unité et l’état des discussions : vous recevrez une réponse qui vous servira même si nous n’allons pas plus loin ensemble.
Guides détaillés sur ce sujet
Les guides ci-dessous traitent point par point les questions les plus fréquentes sur ce périmètre.
Les étapes d’un achat en Turquie
Le déroulé complet d’un achat en Turquie par un acheteur européen, des vérifications de propriété jusqu’à l’immatriculation française, avec les délais et les pièces réellement exigées.
Publié le
TVA et droits de douane à l’importation
La Turquie est hors du territoire fiscal de l’Union : l’entrée du bateau est une importation. Ce qui se joue vraiment n’est pas le taux, mais l’assiette — la valeur en douane — et la qualité des justificatifs qui la fondent.
Publié le
Conformité CE et évaluation après construction
Un bateau construit hors de l’Union ne porte presque jamais de marquage CE. La voie de rattrapage existe, elle repose sur un organisme notifié, et son coût dépend des pièces que le chantier accepte de remettre.
Publié le
Questions fréquentes
Peut-on acheter un bateau en Turquie sans se déplacer ?
Techniquement oui, par mandat. En pratique, l’expertise et l’essai à la mer supposent une présence, la vôtre ou celle d’un mandataire que vous avez choisi. Nous nous déplaçons au port et assistons à l’expertise, mais nous ne remplaçons pas l’expert : les deux rôles sont distincts et doivent le rester.
Le vendeur demande un acompte avant toute vérification. Est-ce normal ?
C’est fréquent et ce n’est pas acceptable en l’état. Un acompte se verse sur compte séquestre, contre un protocole d’accord qui fixe les conditions de restitution. Verser directement au vendeur avant vérification de la propriété et de l’absence d’hypothèque revient à financer un risque que vous ne connaissez pas.
Combien de temps faut-il entre la signature et la mise en service en France ?
Comptez deux à quatre mois entre l’accord et l’immatriculation française, selon que le navire porte ou non un marquage CE et selon la charge du guichet des douanes. La partie turque représente rarement plus de trois semaines ; le reste se joue côté français.
Faut-il un contrat en turc ou en français ?
Le contrat peut être bilingue, avec désignation d’une version qui prévaut en cas de divergence. Devant une administration ou une juridiction turque, seule une version turque, le cas échéant traduite par un traducteur assermenté, sera opposable. Un contrat uniquement en français est un contrat difficile à exécuter en Turquie.